REQUIEM Rey Eisen

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Avec beaucoup de sérénité

 

Ma musique n’est pas et ne sera jamais une musique légère !

 

Je n’ai pas pour l’art de préjugés primaires, roman à l’eau de rose, musique légère, peinture figurative et autre forme populaire. Cela me laisse totalement indifférent.

On rencontre dans certains milieux de l’art et de la culture, une échelle de valeur qui vise à classifier par niveaux certaines catégories de forme d’expression. Lorsqu’on me demande quel est mon style d’écriture, je ne sais pas répondre. D’autant que le terme “musique contemporaine” ou “musique savante” semble susciter chez le plus grand nombre quelques éffrois qui dépassent ma compréhension. Ainsi, je préfère le silence à toute autre spéculation. Dire que ma musique ressemble à telle ou telle autre ne me réjouit pas non plus, je souhaiterais vivement l’inverse.

Ma musique n’est pas et ne sera jamais une musique de divertissement ou une musique légère. Pour certains cela semble vindicatif et présomptueux, dans mon esprit mais il n’en est rien. Je continue de penser que la musique doit être un réconfort pour l’esprit…le reste ne me regarde pas. L’intérêt que j’accorde aux belles choses de l’art n’est pas classifié dans un système hiérarchique, je me sens tout aussi proche des Beatles que de Pierre Boulez. Seulement, j’ai fait mes choix et m’évertue à ne suivre aucune espèce d’influence. Dire le style qui m’est propre me parait dénué de sens.

« L’Introït Kirie »

Est par définition une antienne chantée par le chœur au commencement de la messe, au moment où le prêtre s’avance vers l’autel. Dans mon esprit, j’ai vécu l’écriture de cette oeuvre comme le passage intermédiaire entre la vie et la mort. Considérant l’espace temps où l’âme quitte le corps, comme la seconde la plus importante de toute une existence humaine. Dans l’écriture de cette oeuvre, j’ai mis avant toute chose l’accent sur la réflexion avant-gardiste que tout compositeur d’aujourd’hui se pose à propos de la musique sacrée à l’époque de la polyphonie vocale classique des anciens maîtres. Faut t-il respecter la tradition et la chronologie des textes liturgiques ?

Y a-t-il une règle spécifique et spirituelle qui régit le système polyphonique de la musique d’église, de par son caractère, sa matière sonore et son aspect spirituel ?

N’oublions pas qu’il s’agit là, d’une messe des morts, cela implique quelques grandes réflexions intérieures. Parmi les définitions et comparaisons qui tendent à décrire l’au-delà, ce sont les notions de repos et de lumière qui depuis la plus haute antiquité ont été communément reçus. Ces notions, qui se rencontrent dans les livres bibliques postérieurs à la captivité, se retrouvent dans les inscriptions chrétiennes des catacombes romaines. Dans un livre de l’ancien testament qui n’appartient pas au canon des livres reconnus par l’église catholique comme inspirés, on relève, jointes ensemble ces deux notions

« repos et lumière » .

Contrairement à la tradition j’ai choisi d’exclure de l’orchestre les sections de vents, l’orgue et la harpe, maintes fois employées dans le répertoire de musique sacrée, et de le remplacer par une bande son, dont l’objet sonore ne sera pas représentatif d’une idée ou d’un thème, mais plutôt évocateur d’un sentiment, et d’une grande émotion intérieure. L’idée de dépouiller l’orchestre en ne conservant seulement que l’ensemble de cordes et les percussions n’est autre qu’un choix esthétique et non avant-gardiste. Il n’y a dans cette œuvre aucune spéculation d’ordre intellectuel, je n’invente rien, je n’innove pas, je m’efforce d’être en résonance et en harmonie avec mes sentiments et mes émotions les plus intenses et les plus profondes ,au sens spirituel du terme. Conservant intimement mon esthétique qui est ma quête la plus intime. Je conçois l’écriture de mon requiem comme s’il s’agissait d’un laboratoire dans le sens où il me permet d’approfondir une recherche dans l’univers de l’abstraction.

Le processus se déroule entre le conscient et l’inconscient. Clarté sonore, espace, rythme, mouvement, sensation de vide, abstraction, ombre, lumière, paix…sont les thèmes que je m’impose afin de mener l’œuvre et mes plus profondes aspirations au paroxysme d’une paix intérieure,quête d’un absolu de beauté.  J’ai choisi pour l’écriture de ce Requiem, le texte liturgique employé par Gabriel Faurpour plusieurs raisons d’ordre personnel et compositionnel. Tout d’abord par influence et pour l’aspect esthétique de sa musique. En dehors de toute analyse, je fus touché dès la première écoute, par la force émotionnelle et spirituelle que traduisent les sept mouvements de cette grande messe des morts.

Et enfin par les propos tenus par le compositeur lui-même, à propos de l’idée qu’il se faisait de la mort, idée proche de mes plus intimes convictions. On peut remarquer dans l’écriture de cette œuvre, le choix liturgique que Gabriel Faure a employé, je dirais avec une subtile intelligence spirituelle, qui étroitement liée à sa démarche compositionnelle, propulse l’œuvre vers l’idée simple et lumineuse du passage entre la mort physique et l’éveil de l’âme.

Quand on écoute ce requiem, on peut être certain que quelque chose en nous, quelque chose d’essentiel, de sincère et de spirituel aura bougé.

 

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About the Author

C'est A l'âge de 9 ans que REY EISEN manifeste un intérêt prépondérant pour la musique. Autodidacte, il passe par toutes les phases d'apprentissage : musique rock, pop, jazz, chansons à textes, classique, musique contemporaine et expérimentale. En 1997 il entre en classe de composition au C.N.R de Marseille ou il obtient un premier prix de composition ainsi que le premier prix de la SACEM. Ces quatre dernières années REY EISEN écrit et dirige de nombreuses oeuvres de musique de chambre. Il honore les commandes que lui passe l'ensemble Polychronie, Télémaque et l'ensemble Ad-Fond-Canticorum, pour la création de son Requiem « Oeuvre sacrée pour choeur et ensemble de cordes et percutions. » Créé le 1 décembre 2006 à Aix-en-provence sous la direction de Ian Heiting, REY EISEN se consacre désormais à l'écriture de musique spectrale, musique de méditation et de relaxation. La spiritualité tient une grande place dans son univers musical aujourd'hui. At the age of 9 years REY EISEN expresses a dominating interest for the music. Autodidact it passes by all learning phases . Music rock'n'roll, pop, jazz, traditional, contemporary and experimental. In 1997 it enters in class of composition to the C.N.R of Marseilles where it obtains a first price of composition as well as the first price of the SACEM. These four last written years REY EISEN has directed many works of the so called "music chamber". It designed "l'ensemble Polychronie", "Telemaque" and "L'ensemble AD fontes Canticorum" order that was passes to him, for the Creation of its Requiem "Works crowned for chorus and together of cords and strike" created on December 1, 2006 in Aix-en-Provence he places its music direction to Ian Heiting. REY EISEN devotes itself from now on in writting spectral music, Musique of meditation and relieving. Spirituality holds great place in its musical universe nowadays.